La famille est en train de brûler

Lettre ouverte à l'Église catholique

29 octobre 2014

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Cette fameuse phrase que prononça le président Chirac au début d’un discours à Johannesburg en 2002 me revient ces jours-ci car elle reflète bien, selon moi, la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui dans l’Église au sujet de la famille. Oui, cher pape François, chers cardinaux, chers évêques, chers prêtres et nous tous, laïcs, cessons de regarder ailleurs, ouvrons les yeux sur cette réalité : la famille est bel et bien en train de brûler ! Et nous, que faisons-nous ? Nous nous occupons d’autre chose… Nous nous occupons de ce qui préoccupe le monde, de ce que l’esprit du monde souhaite savoir : l’Église va-t-elle ou non reconnaître la légitimité du mariage homosexuel ? Certes, la question de l’homosexualité est importante mais l’Église doit-elle donner l’impression qu’elle pourrait modifier sa doctrine et mettre en contradiction la Parole de Dieu afin de répondre aux attentes du monde ? Nous n’avons pas à subir la société, à être influencés par elle. Saint Jean écrit, dans sa première lettre : « Eux, ils sont du monde ; c'est pourquoi ils parlent le langage du monde ; et le monde les écoute. Mais nous, nous sommes de Dieu » (1 Jn 4, 5). L’Église est fondée sur le Christ, sur Jésus et si nous lisons les Évangiles avec attention, nous nous apercevons que le discours de Jésus, son comportement, chacun de ses actes, sont au-delà de la raison humaine et inacceptables pour la société de l’époque. Il ne cherche pas à plaire au monde ! Lorsqu’il annonce le Pain de Vie et qu’il déclare : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle […] Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson » (Jn 6, 54-56), adapte-t-il son discours en fonction de ce que disent ou pensent de lui ceux qui l’écoutent, ces Juifs qui murmurent à son sujet et s’exclament : « comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jn 6, 52) ? Tente-t-il de récupérer les disciples qui le quittent après avoir entendu ces paroles ?

La vocation de l’Église est d’apporter la Lumière au monde, être une mère, une éducatrice, pour tous les peuples. C’est sa mission aujourd’hui, et cela le sera encore demain. Aussi, la question que je vous pose à vous, cher Saint-Père, et à vous tous, chers évêques qui participez au synode sur la famille, est la suivante : comment comptez-vous sauver nos enfants de la théorie du genre qui va imprégner de plus en plus notre société ainsi que les enseignements donnés dans les écoles, y compris maternelles et élémentaires, à cet âge où, telles des éponges, ils absorbent tout ? Où, dans quelles écoles, allons-nous les inscrire ces prochaines années ? Je pense notamment aux familles des banlieues parisiennes, du 93, du 94, ou du 95, aux familles ouvrières, à toutes celles, partout en France, qui n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants dans des écoles où ils se trouveraient à l’abri de cette idéologie. Comment l’intelligence d’un enfant qui entend un discours à l’école et tout son contraire à la maison peut-elle se structurer ? Comment l’enfant peut-il grandir dans ce dysfonctionnement total ? L’heure n’est pas aux discussions, ni aux expérimentations, il faut trouver des solutions concrètes. Je pense, de par mon expérience de Juif converti, qu’il devient nécessaire de construire des écoles, maternelles et élémentaires, accessibles à tous à la fois géographiquement et financièrement. On entend souvent que favoriser le développement d’écoles catholiques hors contrat reviendrait à construire des ghettos. Mais le ghetto existe déjà car la théorie du genre est une idéologie qui nous est imposée partout ailleurs ! « Comment trouver l’argent ? », me direz-vous. Allez voir comment font les Juifs pour construire leurs écoles. Trouver de l’argent n’a jamais été pour eux un problème quand il s’agit de sauver leurs enfants ! Pourquoi le serait-ce pour nous, catholiques ? Discutons, réfléchissons, faisons fonctionner nos réseaux, nos influences… Confions-nous aussi à saint Joseph et à Dieu notre Père qui jamais n’abandonnera ses enfants !

La famille chrétienne, dans son rôle premier, est le lieu où le Christ se donne et où s’effectue la transmission de la Parole pour l’Église et pour le monde. Quelles aides concrètes prévoyez-vous de nous proposer à nous, parents, qui allons devoir élever nos enfants dans le contexte actuel ? Comment envisagez-vous d’aider les laïcs à transmettre de façon intelligente à leurs enfants ce en quoi ils croient ? Former les pères et les mères à transmettre la Parole de Dieu, les enseignements de l’Église ainsi que des éléments de philosophie et de théologie à leurs enfants me paraît essentiel dans le combat que nous avons à mener. Nous entendons souvent aujourd’hui que les catholiques doivent retrouver leurs racines juives. Eh bien justement, observons les familles juives : elles ne se déchargent pas uniquement sur les écoles, la synagogue et le rabbin pour éduquer leurs enfants ! La transmission opérée par le père est au contraire primordiale. Les évêques de France rentreront-ils du synode avec des projets concrets que nous pourrons tous ensemble, prêtres et laïcs, mettre en place dans le but de sauver nos familles ? On ne peut plus se contenter, pour former les laïcs, de leur proposer de participer à des retraites organisées par telle ou telle communauté. Celles-ci sont certes très enrichissantes mais elles ne constituent plus des armes suffisantes. Il faudrait, selon moi, organiser des séminaires pour laïcs, compatibles avec leur emploi du temps, qui leur permettraient non seulement de recevoir un savoir mais aussi de pouvoir le transmettre à la maison.

J’aimerais, pour finir, attirer votre attention sur la question des catéchistes et des responsables d’aumônerie. Il me semble également primordial que ces derniers puissent bénéficier d’une véritable formation et que les programmes à aborder soient redéfinis dans le but d’assurer à nos enfants un bagage solide et non pas seulement une simple « culture religieuse » comme on l’entend aujourd’hui. De plus, bien que la tendance dans l’Église soit de privilégier le bénévolat par manque de moyens, permettez-moi de regretter que les catéchistes ne soient pas rémunérés pour leur travail si précieux. En effet, « tout travail mérite salaire » nous dit Jésus (Lc 10, 7) et une telle mesure permettrait de valoriser davantage la tâche qu’ils accomplissent pour nos enfants. Encore une fois, si nous sollicitions saint Joseph dans ce but, il ne manquerait pas de nous aider à trouver les fonds nécessaires.

Mes propositions vous paraîtront peut-être radicales mais je suis convaincu que, dans le contexte actuel, ne pas prendre de mesures fortes reviendrait à bâtir notre maison sur le sable. Je vous ai entendu dire, cher pape François, que chacun pouvait dire son mot librement sur ce sujet de la famille. Aussi, j’ai l’espoir que l’on me pardonnera d’avoir osé donner mon avis, que cela ne se retournera pas contre moi. J’espère que ma lettre sera lue et comprise par le plus grand nombre au sein de l’Église catholique. Je remercie pour cela chaque personne qui la diffusera autour de lui… 

 

Jean-Marie Élie Setbon

 

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